La production d’Eva Linder est dominée par le rouge. C’est la couleur de l’impulsion, de la mise en mouvement, mais sans violence, sans agressivité. Les autres couleurs disparaissent, annihilées par la force de sa vibration. Seul le jaune est encore présent, car il apporte l’espace nécessaire au rouge.

Les deux couleurs dialoguent tantôt unies, tantôt séparées par le noir.

Le rouge est l’humain, le temps et le rythme de la vie, le jaune est l’espace indispensable à son épanouissement. C’est pourquoi chaque spectateur peut en construire le contenu symbolique, à la fois rencontre de l’espace et du temps, en toute humanité.

Le titre de l’exposition, «Périphéries», montre que la peinture est issue d’un ensemble de sensations de l’artiste, qui, en nous la proposant, met à notre disposition de nouvelles situations visuelles. La peinture nous traverse comme elle traverse l’artiste qui l’a créée.
Pour Eva Linder la démarche est la même «J’ai fait de la peinture, maintenant c’est elle qui me fait». Longtemps conçue comme une reconstruction du monde, elle en est maintenant un reflet indirect. Pour elle, peindre c’est «construire du possible».

Eva Linder nous offre une peinture abstraite immédiatement accessible qui traduit une maîtrise et une maturité certaines. Une visite au Jardin des Thés permettra d’en apprécier la musique, en prélude à l’exposition en l’église St- Thomas, qui permettra, au travers de ses volumes, d’en orchestrer une autre mise en lumière.