Verbindenundnähen

Ont été les premiers mots inspirés par la proposition de réflexion offerte par Monsieur Pierre Daquin.

La pertinence du thème, sa sensibilité, ont fait immédiatement écho à la femme que je suis, consciente de la fragilité de l’ordre du monde, de sa précaire stabilité. Je travaillai en 2001 sur l’œuvre de l’ethnologue madame Germaine Tillion.

Si l’Art ne peut faire échec à la barbarie ni aux chaos de l’histoire, il fait écran:

Il est une mesure du monde.

Continuer à poser des signes d’humanité, à coudre du lien, à créer des arcs aussi ténus et modestes soient-ils me semble vital.

Quant au peintre que je suis, l’intérêt formel de la notion de frontière était évidente. Celle-ci rendue encore plus intéressante par la contrainte du très petit format et de l’idée du fil. De l’élaboration d’une œuvre à son achèvement comprise dans toute sa matérialité: support, cadre ou pas, débordement du geste contenu, la question de Monsieur Daquin convoquait tout cela ainsi qu’un élément constitutif de l’ensemble de mon travail, l’espace du vide ou de la vacuité.

J’ai tenté de mettre en œuvre le plus rigoureusement et légèrement possible une réponse face à l’exigence de l’appel d’offre de cette VIIème Triennale des mini textiles de la ville d’Angers et du musée Jean Lurçat.

Eva Linder — Strasbourg
12 Avril 2003