textes

Hélène Bohner Cante

Par |2026-08-14T15:36:48+02:00août 14th, 2026|textes|

Dans l’espace, il y a tout, dit-elle avec évidence. Encore faut-il qu’il y ait un espace.

Nécessairement, Eva Linder nous en ouvre un, le nôtre, le sien. Nous ne sommes pas à côté, nous sommes dedans, d’emblée. Précisons : nous n’y rentrons pas comme ça, par amitié pour les passagers qui occupent les fenêtres des galeries et nous regardent silencieusement sans nous répondre.

Morts ou vivants, épuisés par le travail souterrain, ils signifient les fenêtres où ils s’inscrivent , et nous sommes, bien que de l’autre côté, avec eux. Leur fond est travaillé, miné, hachuré, laminé ; les aciéries s’embrasent.

Un petit espace blanc subsiste, mince cadre de survie. Si ces «êtres portraits» nous acceptent si rapidement, c’est parce que nous sommes nous aussi des passagers, non seulement dans l’espace, mais dans le temps.

L’espace sans le temps serait la mort, maïs le temps sans espace serait éternité.

Or ici, tout se meut, et nous nous sentons vivre à nous déplacer d’une œuvre à l’autre, entre les séductions de la couleur immédiate et le mouvement à venir.
Nous avançons alors, poussés, ou guidés par la nécessité d’un sens, vers les cartons et plexiglas ondulés, les toiles, les feuilles, au milieu des gens ordinaires, «couronnés d’anonymat», et si bleus si bruns, si rouges.

Il ne s’agit pas ici d’avancer n’importe comment, parce qu’avant même le verbe,il y avait le rythme, le rythme en poésie, en musique ou en peinture est la première ressource de l’artiste comme l’écrivait à Ravel le poète Tristan Klingsor. Eva Linder se ressource à un rythme si ancien et si irréversible en même temps qu’il pourrait être celui de la tortue, animal millénaire pour les souvenirs de l’homme et plus millénaire encore pour l’histoire de toute l’humanité. Le poisson accompagne aussi la mémoire de l’artiste et entre la rapidité gracieuse de cet animal et l’immense lenteur obstinée, bienveillante et fidèle de la tortue à la carapace indéchiffrable – jeu de marelle où le paradis serait rouge du sang de la vie-, il y a le défilé des scénographies, des masques, des personnages, «un peu statiques, un peu statuaires», plus ou moins rouges, plus ou moins bleus, plus ou moins verts, selon des couleurs brutes ô combien travaillées. Au fauvisme sans fauve pour des êtres entourés de mouvement.

Le rythme s’affirme dans l’ à propos des situations où les personnages se mettent à vivre de façon si quotidienne, si contingente, si accidentelle que nous nous y retrouvons ; il se constitue de manière plus définitive dans l’image symbolique de 3 : toujours 3 plans, 3 points de la constitution d’une figure, 2 possibilités et une encore à laquelle on ne pense pas dès l’abord, qui serait finalement la nôtre qui regardons, bref celle de l’espace-temps. Rythme ternaire, mais non enfermée dans la triangularité. Le 3 en appelle d’autres à venir.

Les poissons encadrent et peut-être protègent les hommes de l’oubli de leurs origines primitives ; un courant invisible les porte, assurant les hommes de leur verticalité. de-leur dignité verticale, malgré les vicissitudes des rencontres, des histoires personnelles, des chocs qui durent plus ou moins longtemps.

Qu’ils viennent à disparaître, et il restera à peine le souvenir de leurs arrêtes pour nourrir peuples et familles. Hors confrontation, dès les oeuvres exposées, du besoin instinctif de toucher et sentir les têtes, les corps et les situations figurées, il y a l’inventaire iconographique impressionnant des 17 cartons à 3 personnages, des 77 «matricules des uns», des 9 «cadres et son locataire», des 3 peintures sur toile, 1 peinture sur plexiglas cannelé, 1 tortue sur palette.

H. BOHNER CANTE

Commentaires fermés sur Hélène Bohner Cante

L’été reviendra – Arnaud Weber (2008)

Par |2026-08-20T20:17:21+02:00août 18th, 2008|textes|

Ad comme Ed comme Eden, comme la terre comme la vie, comme le paradis
Dam comme Adam comme Adom comme rouge comme la vie
Eve comme Eva comme Hawwah comme Haoua comme vivante
Ainsi va la vie d’Eva dévalant à l’envi des vallées des villes et des vies indivises
Rouge à corps sang sur toile rouge d’amour d’abord d’encens de sens
Crème d’amande mandée pour âme malmenée demain nondamnée, calmée
Trait pour trait pour rai jaune de lumière éclair d’un temps suspendu sous pensée
De révolte virevolte volte-face à face surface, pile au coeur… touché… ému…. Silence…
Passionnément dans le Silence, Evadémment Eva dément la Mort en pigments
Car elle sait, sent, signe, que L’été reviendra, Eva.

Arnaud Weber

Commentaires fermés sur L’été reviendra – Arnaud Weber (2008)

Eva Linder – Gérard Cardonne (2003)

Par |2026-08-20T20:16:52+02:00août 14th, 2003|textes|

Eva Linder

Hinter dem schlichten Lächeln Eva Linders verborgt sich diese Perspektive der zeitgenössischen Kunst, die die Gegenwart flachlegen. Ihre Gemälde strahlen glanzvolle lichtende Farben aus, obwohl sie rot, schwarz und gelb bevorzugt. Die Formen ziehen den Besucher ins Innere, ins Andere.

Die Künstlerin weiß wie man echte menschliche Beziehungen zwischen den erwählten Objekten schließen kann – wie diese Scheine in denen das Metall die gleiche Kraft als das Wasser ausstrahlt. Mit der selben Kraft wie Kandinsky tritt Eva Linder in die Farbe hinein.

Das bildende Werk dieser Künstlerin besteht aus zwei Bildermassen : die große Formate mit Gelb- und Goldfarben. Man bildet sich ein, man wäre in der Helligkeit des Lichtes. Aber suchen Sie weiter : es gibt immer eine kleine Gestalt die Sie anspricht. Ich denke an dieses schöne Gemälde „10 couronnes » (10 Kränze). Hinzugen zwischen Sie die kleine Formate in eine Art von Evasion ins Winzige mit der die Kunst, den letzten Schutz zur Unmenschlichkeit wird : die Farben und die Zeichnung ermöglichen dass die Gegenwart wieder zusammengekupft werden kann. Die Realität wieder reparieren zu können.

Die Gemälde Eva Linders sind deutungsvoll wenn die Künstlerin es schon Ihnen Ihre Überlegung und Forschung zum Werk erklärt. Beobachten Sie sorgfältig einer Ihrer Gemälden dann werden Sie sofort verstehen wie sich das es aus farbigen Flächen gliedert. Wie sie das Gefühl der Bewegung durch Farbevariationen eines gleich farbigen Wesens beherrscht. Das ist ein Mittel für uns um auf dem Wege zur Abstraktion folgen können.

Mit einem ihrer bedeutendsten Gemälde „Primo sogno » sieht man durch Ihrer Skizze eines Bauernhofs wie sie die Weite durch Farbionen. Die kraftvolle Grafik besteht aus Hilgsen und Kurstuen. Eva Linder zeichnet mit einem ver einfachten Strich bis zur Abstraktion. Als freie Künstlerin ist sie immer wieder auf die Suche nach der Verbesserung ihrer Arbeiten, um den Raum besser zu organisieren und die Formen zu vereinfachen. Insofern bevorzugt sie die breite Kontrastive Farbflächen der kleinen Farbbelegungen. Und damit kann sie auch sagen, wie der berühmte Derain, dass die Farben explosiv sind.

Ich möchte zurück kommen auf ihr schlierendes Lächeln wovon ich vorher gesprochen habe um zu erklären dass eine der Eigenschaften dieser Künstlerin damit besteht dass sie vereinfachten Formen, die kurze Striche, und die breite Farbflächen bei Ihr zum Symbol einer steigin Revolution stehen.

Auch dafür ist das Werk von Eva Linder ein bewegliches Zeichen der Einbildungskraft da es aus Gefühlen, Eindrücke, Ängsten und Erinnerungen besteht. Aber auch aus Utopien.

Commentaires fermés sur Eva Linder – Gérard Cardonne (2003)

Ordre ou chaos: la frontière? – Eva Linder (2003)

Par |2026-08-20T20:16:37+02:00août 12th, 2003|textes|

Verbindenundnähen

Ont été les premiers mots inspirés par la proposition de réflexion offerte par Monsieur Pierre Daquin.

La pertinence du thème, sa sensibilité, ont fait immédiatement écho à la femme que je suis, consciente de la fragilité de l’ordre du monde, de sa précaire stabilité. Je travaillai en 2001 sur l’œuvre de l’ethnologue madame Germaine Tillion.

Si l’Art ne peut faire échec à la barbarie ni aux chaos de l’histoire, il fait écran:

Il est une mesure du monde.

Continuer à poser des signes d’humanité, à coudre du lien, à créer des arcs aussi ténus et modestes soient-ils me semble vital.

Quant au peintre que je suis, l’intérêt formel de la notion de frontière était évidente. Celle-ci rendue encore plus intéressante par la contrainte du très petit format et de l’idée du fil. De l’élaboration d’une œuvre à son achèvement comprise dans toute sa matérialité: support, cadre ou pas, débordement du geste contenu, la question de Monsieur Daquin convoquait tout cela ainsi qu’un élément constitutif de l’ensemble de mon travail, l’espace du vide ou de la vacuité.

J’ai tenté de mettre en œuvre le plus rigoureusement et légèrement possible une réponse face à l’exigence de l’appel d’offre de cette VIIème Triennale des mini textiles de la ville d’Angers et du musée Jean Lurçat.

Eva Linder — Strasbourg
12 Avril 2003

Commentaires fermés sur Ordre ou chaos: la frontière? – Eva Linder (2003)

Eva, ta peinture nous regarde – Gaston Jung (2002)

Par |2026-08-20T20:15:58+02:00août 12th, 2002|textes|

EVA – TA PEINTURE NOUS REGARDE

La jaune nous observe
le rouge bouge le dedans de l’œil
le bleu peut nous refléter
le vert révèle un secret
le blanc nous efface
le noir donne à voir mais laisse sa trace

CE TABLEAU – là
ne représente rien
rien que lui-même
(donc toile, bois, colle, huile, et
cadre et lumière et couleur couleur
couleurs et
geste du poignet de la femme qui peint
geste du buste
de la blouse bariolée
des lèvres serrées par l’effort
des vibrations de tout le corps
de minuscules mélancolies
de fragments de saine folie
de violences écorchées
de visions les yeux éblouis

CHAQUE TOILE chaque carré de papier
c’est un peu
de vie
d’Eva

C’EST ENTENDU : pas de paroles, la peinture se passe de mots.
Pourtant dans leurs quêtes PSEUDO-SAVANTES LES POETES ont trouvé, à chaque voyelle une couleur, à chaque couleur un élément ou un caractère dominant. Ainsi JAUNE est corespondant de i comme canari ou e comme « gelb », signe de TERRE et sec de caractère ? et ROUGE ? o comme orange  sanguine, « blutrot » en allemand et la Fournaise comme élément, en colère de préférence !

Mais au-delà de ces plaisants jeux verbaux voici une ANALYSE PATACRITIQUE DES COULEURS, du jaune cri au rouge  feu ou ce que nous dit Monsieur JOHANN WOLFGANG von GOETHE dans son « TRAITE DES COULEURS » (1883)
(cher lecteur, cher public)
La couleur tient dans la série des phénomènes naturels primordiaux une place éminente, du fait que, dans le domaine simple qui lui est assigné, elle se déploie avec une variété incontestable.
(plus loin)
En général, les humains éprouvent un grand bonheur à voir la couleur. L’oeil a besoin d’elle comme il a besoin de la lumière.
(ailleurs encore)
Les couleurs se divisent en zones. Celles de la zone PLUS sont : jaune, jaune-rouge ou orange, rouge-jaune, minium ou cinabre.
(et:)
Le jaune est la couleur la plus proche de la lumière.

Elle est dans sa pureté et à l’état clair, agréable et apaisante, dans toute sa force, elle a quelque chose d’enjoué et de noble… PAR CONTRE, ELLE EST SENSIBLE à l’extrême et fait une impression très désagréable lorsqu’elle est salie ou incline quelque peu vers la zone MOINS, et la belle impression devient celle de la fange, de la honte, du dégoût et du malaise.

(quant au rouge, voici ce que le Prince des Poètes en dit :)
Du jaune-rouge au rouge, on passe d’un sentiment d’agréable engouement à une zone d’énergie la plus intense qui agrée particulièrement aux gens vigoureux, bien portants et un peu frustes. Certaines peuplades « sauvages », de même que certains enfants, laissés à eux-mêmes en coloriant, ont un penchant certain et marqué pour les rouges « saturés », comme le minium ou le vermillon.

(Note du lecteur : pardonnons au grand poète qui, quoiqu’en avance sur son temps,  juxtapose primaire et sauvage, mémoire d’enfance et infantilisme, couleur forte et franche et couleur brutale et fruste. Autrement dit, les jaunes et rouges d’Eva en 2002 ne sont pas plus simplistes que les étapes de sa vie de femme-peintre aujourd’hui, ni « enfant » ni « sauvage », mais avec des qualités de force et d’intuition qui font basculer ses interventions, qu’elles trouvent leur lieu sur les murs amicaux d’un appartement ou en plein vent sur des colonnes Morris de la Cité, – basculent allègrement des zones MOINS (nostalgie, inquiétude, honte, violence) vers la zone PLUS (plus de Vie, plus de lumière !).

Gaston Jung

Commentaires fermés sur Eva, ta peinture nous regarde – Gaston Jung (2002)
Aller en haut