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Hélène Bohner Cante

Par |2026-08-14T15:36:48+02:00août 14th, 2026|textes|

Dans l’espace, il y a tout, dit-elle avec évidence. Encore faut-il qu’il y ait un espace.

Nécessairement, Eva Linder nous en ouvre un, le nôtre, le sien. Nous ne sommes pas à côté, nous sommes dedans, d’emblée. Précisons : nous n’y rentrons pas comme ça, par amitié pour les passagers qui occupent les fenêtres des galeries et nous regardent silencieusement sans nous répondre.

Morts ou vivants, épuisés par le travail souterrain, ils signifient les fenêtres où ils s’inscrivent , et nous sommes, bien que de l’autre côté, avec eux. Leur fond est travaillé, miné, hachuré, laminé ; les aciéries s’embrasent.

Un petit espace blanc subsiste, mince cadre de survie. Si ces «êtres portraits» nous acceptent si rapidement, c’est parce que nous sommes nous aussi des passagers, non seulement dans l’espace, mais dans le temps.

L’espace sans le temps serait la mort, maïs le temps sans espace serait éternité.

Or ici, tout se meut, et nous nous sentons vivre à nous déplacer d’une œuvre à l’autre, entre les séductions de la couleur immédiate et le mouvement à venir.
Nous avançons alors, poussés, ou guidés par la nécessité d’un sens, vers les cartons et plexiglas ondulés, les toiles, les feuilles, au milieu des gens ordinaires, «couronnés d’anonymat», et si bleus si bruns, si rouges.

Il ne s’agit pas ici d’avancer n’importe comment, parce qu’avant même le verbe,il y avait le rythme, le rythme en poésie, en musique ou en peinture est la première ressource de l’artiste comme l’écrivait à Ravel le poète Tristan Klingsor. Eva Linder se ressource à un rythme si ancien et si irréversible en même temps qu’il pourrait être celui de la tortue, animal millénaire pour les souvenirs de l’homme et plus millénaire encore pour l’histoire de toute l’humanité. Le poisson accompagne aussi la mémoire de l’artiste et entre la rapidité gracieuse de cet animal et l’immense lenteur obstinée, bienveillante et fidèle de la tortue à la carapace indéchiffrable – jeu de marelle où le paradis serait rouge du sang de la vie-, il y a le défilé des scénographies, des masques, des personnages, «un peu statiques, un peu statuaires», plus ou moins rouges, plus ou moins bleus, plus ou moins verts, selon des couleurs brutes ô combien travaillées. Au fauvisme sans fauve pour des êtres entourés de mouvement.

Le rythme s’affirme dans l’ à propos des situations où les personnages se mettent à vivre de façon si quotidienne, si contingente, si accidentelle que nous nous y retrouvons ; il se constitue de manière plus définitive dans l’image symbolique de 3 : toujours 3 plans, 3 points de la constitution d’une figure, 2 possibilités et une encore à laquelle on ne pense pas dès l’abord, qui serait finalement la nôtre qui regardons, bref celle de l’espace-temps. Rythme ternaire, mais non enfermée dans la triangularité. Le 3 en appelle d’autres à venir.

Les poissons encadrent et peut-être protègent les hommes de l’oubli de leurs origines primitives ; un courant invisible les porte, assurant les hommes de leur verticalité. de-leur dignité verticale, malgré les vicissitudes des rencontres, des histoires personnelles, des chocs qui durent plus ou moins longtemps.

Qu’ils viennent à disparaître, et il restera à peine le souvenir de leurs arrêtes pour nourrir peuples et familles. Hors confrontation, dès les oeuvres exposées, du besoin instinctif de toucher et sentir les têtes, les corps et les situations figurées, il y a l’inventaire iconographique impressionnant des 17 cartons à 3 personnages, des 77 «matricules des uns», des 9 «cadres et son locataire», des 3 peintures sur toile, 1 peinture sur plexiglas cannelé, 1 tortue sur palette.

H. BOHNER CANTE

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Dna 18 février 2026 – Eva Linder expose ses œuvres pendant un mois à La Case

Par |2026-08-23T20:45:02+02:00février 18th, 2026|Presse|

Eva Linder expose ses œuvres pendant un mois à La Case
Samedi 14 février, à La Case de Preuschdorf, a débuté l’exposition intitulée “Vers un jardin en hiver”, de l’artiste plasticienne Eva Linder, bien connue en tant que directrice de la villa EDA à Climbach. L’exposition se poursuit ce week-end des 21 et 22 février.

pour Myriam Schwamm, maîtresse de maison de La Case, ces traversées des paysages de l’artiste Eva Linder sont une image allégorique de leurs multiples voyages entre les villages de Climbach et de Preuschdorf.

https://www.dna.fr/culture-loisirs/2026/02/18/eva-linder-expose-ses-oeuvres-pendant-un-mois-a-la-case

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Dna, 19 septembre 2022 – Le Souffle du Rouge

Par |2026-08-20T20:18:11+02:00septembre 19th, 2022|Presse|

Daniel Rebert et Eva Linder présentent leurs œuvres
Vendredi 9 septembre, a été dévoilée à la galerie d’art Lavilla-Eda à Climbach, la cocréation issue de la conjugaison des talents de l’artiste-peintre Eva Linder et du maître chocolatier Daniel Rebert, patron de la pâtisserie éponyme Wissembourgeoise. L’exposition Le Souffle du rouge est ouverte jusqu’au 2 octobre.

Chantal et Daniel Rebert sont bien connus pour leurs atomes crochus avec les artistes. Le couple et l’artiste Eva Linder ne se connaissaient pas, mais chacun connaissait l’existence de l’autre. C’est grâce à une amie commune Isabelle Gauguet, qu’une première prise de contact s’est faite, et c’est comme ça que tout a commencé.

https://www.dna.fr/culture-loisirs/2022/09/19/daniel-rebert-et-eva-linder-presentent-leurs-oeuvres

 

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Dna, 9 juin 2019 – Eva Linder expose ses œuvres au Ciarus

Par |2026-08-20T20:17:54+02:00juin 9th, 2019|Presse|

Eva Linder expose ses œuvres au Ciarus
L’artiste Éva Linder, co-fondatrice avec Dominique Singer de l’Espace de dialogue artistique La Villa à Climbach, expose ses huiles sur toile à Strasbourg jusqu’au 17 juin.

https://www.dna.fr/edition-de-wissembourg/2019/06/09/eva-linder-expose-ses-oeuvres-au-ciarus

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JDS, mars 2014

Par |2026-08-20T20:17:36+02:00mars 17th, 2014|Presse|

Eva Linder (peintures) et Christian Fuchs (sculptures)
Du 08/03/2014 au 30/03/2014
Galerie La Paix | Sélestat

Les destins se croisent souvent ; l’art propose ces échanges quand le talent et les concepts des artistes s’accompagnent d’une lucidité amicale et bienveillante… La galerie La Paix présente durant le mois de mars 2014 deux artistes dont les œuvres se côtoient sans peine au sein d’un équilibre dans lequel les glacis des huiles répondent à la force antique du marbre. Artistes déterminés, Eva Linder et Christian Fuchs offrent au lecteur de leurs œuvres une profondeur inouïe qui appelle des émotions indicibles et mystérieuses. Les formes impermanentes et le jeu symbolique des couleurs décrivent dans la langue subtile de l’Art une aura harmonieuse qui glace le temps et brise les concepts.

Vernissage Ve.8/3 à 18h en présence des artistes.

Eva Linder

Eva Linder échappe aux contraintes liés à son art, sereine et nerveuse, elle offre au monde un cheminement artistique sans concessions, cru et enjoué. Chaque toile propose une nouvelle vision de l’existant et parfume le support de la connaissance. Chaque œuvre est le fruit d’une longue maturation ; sa technique transpose ses élans intérieurs vers des clartés rayonnantes. A la manière des Flamands ou des Vénitiens à l’époque de la Renaissance, le jeu des glacis, voiles transparents de couleurs fait vibrer celles-ci et équilibre avec force le mouvement et l’étendu de ces hauts degrés de raffinements. Grâce à ses compositions précises et à la superposition des glacis, les tableaux abstraits de l’artiste mêlent un certain illusionnisme avec une rigueur toute stoïcienne. Elle expose depuis 1988 dans de nombreuses galerie en Europe ; expositions personnelles ou au sein de groupe d’artistes, son travail est également présenté dans des institutions publiques et privées et séduit de plus en plus les collectionneurs.

Christian Fuchs

Christian Fuchs dévoile depuis plusieurs décennies des sculptures en marbres, en grès ou encore en bronze. Pour cette exposition à Sélestat l’artiste présentera un gisant en grès rose entouré d’une mousse naturelle, douce d’un vert palpitant. D’autres sculptures en marbre blanc de Carrare seront également présentées ; d’un aspect abstrait elles signifient un élan de joie sereine et tels des lierres se dressent sur des socles ou en s’agrippent aux murs dans un mouvement lancinant et ascendant. Chercheur, l’artiste aime fouiller, creuser afin de ramener à la surface de la conscience des éléments de réflexion ; Christian Fuchs élabore des transformations de la matière brute, son travail sublime des images qui surgissent d’un passé lointain, il sculpte l’invisible et le rend ainsi présent et instaure dès lors un dialogue…

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L’été reviendra – Arnaud Weber (2008)

Par |2026-08-20T20:17:21+02:00août 18th, 2008|textes|

Ad comme Ed comme Eden, comme la terre comme la vie, comme le paradis
Dam comme Adam comme Adom comme rouge comme la vie
Eve comme Eva comme Hawwah comme Haoua comme vivante
Ainsi va la vie d’Eva dévalant à l’envi des vallées des villes et des vies indivises
Rouge à corps sang sur toile rouge d’amour d’abord d’encens de sens
Crème d’amande mandée pour âme malmenée demain nondamnée, calmée
Trait pour trait pour rai jaune de lumière éclair d’un temps suspendu sous pensée
De révolte virevolte volte-face à face surface, pile au coeur… touché… ému…. Silence…
Passionnément dans le Silence, Evadémment Eva dément la Mort en pigments
Car elle sait, sent, signe, que L’été reviendra, Eva.

Arnaud Weber

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DNA du Août 2003 – Eva Linder, la pierre et la lumière… – Serge Hartmann

Par |2026-08-20T20:17:07+02:00août 17th, 2003|Presse|

EXPOSITION
Eva Linder, la pierre
et la lumière…
Incursion dans le sacré : Eva Linder confronte,
à l’église Saint-Thomas, la peinture à une architecture empreinte de spiritualité.

Vertige de la verticalité. Sur plusieurs colonnes de la nef, de longs formats peints en rouge et/ou jaune accrochent le regard. Le jeu des arcs, des voûtes des piliers, des vitraux, toute cette géographie de lignes élancées de l’architecture gothique y est évoquée dans une distance qui flirte avec le monochrome et le language de l’abstraction. Car le parti pris, ici, n’est pas celui de la redondance explicite, de la mise en abyme ( une architecture…), mais, couchée sur la toile, d’une poétique et très libre résonance de la spiritualité propre au lieu.
« L’église Saint-Thomas a pour moi une signification particulière : j’habite à côté. Elle m’est donc familière. Lorsque le projet d’y effectuer un travail in situ est apparu, à l’initiative de l’association « Accord et Fugue », je me suis dit que la réponse était là, dans les vitraux », observe Eva Linder, en pointant du doigt les longilignes ouvertures de lumière.
C’est donc essentiellement un dialogue qu’elle met en œuvre, un parcours oû alternent l’une ou l’autre proposition : celle de la matière, de l’imposante présence des pierres, traduite dans des rouges d’une grande profondeur, et celles de la fluidité des rais de lumières, d’une architecture de l’esprit ( pour certains de la foi ), exprimé dans un jaune parfois proche de l’aveuglement.

Jusqu’au Luxembourg

Aux treizes peintures, l’artiste a ajouté une série de travaux sur papier présentés dans la chapelles des évangélistes. Au déploiement de l’espace, répond ici un rapport fait d’intimité, au graphisme plus haché aussi. Particulièrement intéressants : ses petits collages, oû incrustés sur fond argenté, se dessinent quelques figures de l’architecture gothique. Rapportées aux toiles de la nef, elles semblent de contemporaines enluminures.
A deux reprises Eva Linder avait investi une église : celles de Saint-Guillaume et de Saint-Nicolas. Mais il s’agissait toujours d’une intervention accompagnant un spectacle (un opéra ou une pièce de théatre). Cette fois-ci, l’artiste strasbourgeoise nous livre une exposition qui lui est propre. Elle tournera dans la région (Munster et Wissembourg figurent déjà sur son parcours), pour s’arrêter au Luxembourg. Un sillon de pierres et de lumières que nous livre modestement Eva Linder.

Serge Hartmann

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Eva Linder – Gérard Cardonne (2003)

Par |2026-08-20T20:16:52+02:00août 14th, 2003|textes|

Eva Linder

Hinter dem schlichten Lächeln Eva Linders verborgt sich diese Perspektive der zeitgenössischen Kunst, die die Gegenwart flachlegen. Ihre Gemälde strahlen glanzvolle lichtende Farben aus, obwohl sie rot, schwarz und gelb bevorzugt. Die Formen ziehen den Besucher ins Innere, ins Andere.

Die Künstlerin weiß wie man echte menschliche Beziehungen zwischen den erwählten Objekten schließen kann – wie diese Scheine in denen das Metall die gleiche Kraft als das Wasser ausstrahlt. Mit der selben Kraft wie Kandinsky tritt Eva Linder in die Farbe hinein.

Das bildende Werk dieser Künstlerin besteht aus zwei Bildermassen : die große Formate mit Gelb- und Goldfarben. Man bildet sich ein, man wäre in der Helligkeit des Lichtes. Aber suchen Sie weiter : es gibt immer eine kleine Gestalt die Sie anspricht. Ich denke an dieses schöne Gemälde „10 couronnes » (10 Kränze). Hinzugen zwischen Sie die kleine Formate in eine Art von Evasion ins Winzige mit der die Kunst, den letzten Schutz zur Unmenschlichkeit wird : die Farben und die Zeichnung ermöglichen dass die Gegenwart wieder zusammengekupft werden kann. Die Realität wieder reparieren zu können.

Die Gemälde Eva Linders sind deutungsvoll wenn die Künstlerin es schon Ihnen Ihre Überlegung und Forschung zum Werk erklärt. Beobachten Sie sorgfältig einer Ihrer Gemälden dann werden Sie sofort verstehen wie sich das es aus farbigen Flächen gliedert. Wie sie das Gefühl der Bewegung durch Farbevariationen eines gleich farbigen Wesens beherrscht. Das ist ein Mittel für uns um auf dem Wege zur Abstraktion folgen können.

Mit einem ihrer bedeutendsten Gemälde „Primo sogno » sieht man durch Ihrer Skizze eines Bauernhofs wie sie die Weite durch Farbionen. Die kraftvolle Grafik besteht aus Hilgsen und Kurstuen. Eva Linder zeichnet mit einem ver einfachten Strich bis zur Abstraktion. Als freie Künstlerin ist sie immer wieder auf die Suche nach der Verbesserung ihrer Arbeiten, um den Raum besser zu organisieren und die Formen zu vereinfachen. Insofern bevorzugt sie die breite Kontrastive Farbflächen der kleinen Farbbelegungen. Und damit kann sie auch sagen, wie der berühmte Derain, dass die Farben explosiv sind.

Ich möchte zurück kommen auf ihr schlierendes Lächeln wovon ich vorher gesprochen habe um zu erklären dass eine der Eigenschaften dieser Künstlerin damit besteht dass sie vereinfachten Formen, die kurze Striche, und die breite Farbflächen bei Ihr zum Symbol einer steigin Revolution stehen.

Auch dafür ist das Werk von Eva Linder ein bewegliches Zeichen der Einbildungskraft da es aus Gefühlen, Eindrücke, Ängsten und Erinnerungen besteht. Aber auch aus Utopien.

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Ordre ou chaos: la frontière? – Eva Linder (2003)

Par |2026-08-20T20:16:37+02:00août 12th, 2003|textes|

Verbindenundnähen

Ont été les premiers mots inspirés par la proposition de réflexion offerte par Monsieur Pierre Daquin.

La pertinence du thème, sa sensibilité, ont fait immédiatement écho à la femme que je suis, consciente de la fragilité de l’ordre du monde, de sa précaire stabilité. Je travaillai en 2001 sur l’œuvre de l’ethnologue madame Germaine Tillion.

Si l’Art ne peut faire échec à la barbarie ni aux chaos de l’histoire, il fait écran:

Il est une mesure du monde.

Continuer à poser des signes d’humanité, à coudre du lien, à créer des arcs aussi ténus et modestes soient-ils me semble vital.

Quant au peintre que je suis, l’intérêt formel de la notion de frontière était évidente. Celle-ci rendue encore plus intéressante par la contrainte du très petit format et de l’idée du fil. De l’élaboration d’une œuvre à son achèvement comprise dans toute sa matérialité: support, cadre ou pas, débordement du geste contenu, la question de Monsieur Daquin convoquait tout cela ainsi qu’un élément constitutif de l’ensemble de mon travail, l’espace du vide ou de la vacuité.

J’ai tenté de mettre en œuvre le plus rigoureusement et légèrement possible une réponse face à l’exigence de l’appel d’offre de cette VIIème Triennale des mini textiles de la ville d’Angers et du musée Jean Lurçat.

Eva Linder — Strasbourg
12 Avril 2003

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« Evènement », Les Peintures d’Eva Linder, juin 2003

Par |2026-08-20T20:16:25+02:00juin 17th, 2003|Presse|

Rais et lumières
L’art contemporain est souvent accusé de céder trop facilement aux sirènes de la facilité marchande. Certains artistes ne cherchent plus à créer une œuvre qui soit, simplement, belle mais préfèrent reproduire ce qui plait. La peinture oublie parfois qu’elle doit d’une certaine manière magique en représentant une tension permanente entre l’idée et la forme. Le spectateur doit souvent décortiquer les angoisses de l’artiste pour comprendre le sens de sa peinture. La complexité de l’art contemporain cache bien des fois la vanité du commercial. Rien de tout cela dans l’exposition des œuvres d’Eva Linder à Saint-Thomas. Ses tableaux jouent des couleurs et des rythmes pour dire bien plus qu’on ne pourrait le faire avec des mots. Aucune naïveté mais un art qui permet de découvrir le monde d’une tout autre manière. La création est ici le dévoilement d’un morceau de l’âme de l’artiste qui se laisse discerner avec pudeur et passion. Des lignes abstraites qui ne se noient pas dans l’abstraction mais révèle la réalité de l’objet qu’elles représentent. Un tour de force où le spectateur n’est jamais trompé sur le sens de ce qui lui est donné à voir. Une exposition qui souligne le nécessaire dialogue trop souvent négligé entre la foi et la culture. Quand l’art n’aurait sa place dans une église qu’en ornement, il ne serait rien d’autre qu’une décoration. Alors que l’art et la peinture d’Eva Linder en particulier, sont autant de manières de dire quelque chose de l’existence humaine.

Immédiates périphéries

Le Jardin des thés présente Périphéries, un ensemble de treize peintures d’Eva Linder. Une exposition subtile et forte, des travaux préparatoires et d’autres plus aboutis, où l’on retrouve les grands traits du travail de l’artiste, des compositions équilibrées et travaillées, un sens de la couleur très affirmé, mais juste, qui permettent d’en apprécier la profondeur de manière quasi instantanée.
Eva Linder est née à Bourges en 1960. Issue de l’Ecole des Beaux Arts d’Angers, elle est strasbourgeoise depuis 1987. 0n se souvient de l’exposition Les rouges d’Eva Linder à la galerie Village en 1996, ainsi que des colonnes publicitaires, sur lesquelles, en 1997, elle avait appliqué ses suites de métamorphoses. Actuellement, elle est présente en plusieurs endroits, à Barcelone dans la galerie Antoni Botey jusqu’au 31 mai, à Nancy au Parc de la Cure d’Air jusqu’au 25 mai et enfin c’est l’église St Thomas à Strasbourg, à l’initiative de l’association Accord et Fugue, qui accueillera des grands et petits formats du 25 mai au 15 juin, avant de se poursuivre par une itinérance en Alsace et ailleurs, peut être.
Les tableaux exposés au Jardin des Thés jusqu’au 29 mai sont tous de petits formats. Réalisés sur papier ou sur papier huilé, ils sont issus de plusieurs techniques : huile, aquarelle, crayon, tempera et encres. S’ils sont tous non-figuratifs, l’oeil peut néanmoins y déceler des formes humaines, des symboles ou des signes d’une étrange écriture. Cependant le propos ici n’est pas celui de la narration, l’essentiel tient dans la couleur, admirablement maîtrisée, le format et la forme. La composition est rigoureuse et chaque tableau, dans une vie qui lui est propre, offre un équilibre d’une rare élégance. Le spectateur, dans sa vision, peut y construire sa propre réalité et lui donner le sens qu’il souhaite. Chaque tableau est à la fois sujet et objet. Eva Linder travaille sur un seul plan, sans perspective, sans profondeur visuelle. Tout est là, accessible, disponible, essentiel. Aucun trait n’est de trop, aucun coup de pinceau ne manque.

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18 juin-septembre /- VIIème TRIENNALE INTERNATIONALE DES MINI TEXTILES. Exposition Textilmuseum, St-Gall, Suisse.

Par |2026-08-20T21:20:53+02:00juin 1st, 2003|2003, Expositions|

18 juin-septembre /- VIIème TRIENNALE INTERNATIONALE DES MINI TEXTILES. Exposition Textilmuseum, St-Gall, Suisse. (sélectionnée pour un portrait d’artiste présenté au public par le musée).

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Hebdoscope, 14 au 20 mai 2003

Par |2026-08-20T20:16:11+02:00mai 17th, 2003|Presse|

La production d’Eva Linder est dominée par le rouge. C’est la couleur de l’impulsion, de la mise en mouvement, mais sans violence, sans agressivité. Les autres couleurs disparaissent, annihilées par la force de sa vibration. Seul le jaune est encore présent, car il apporte l’espace nécessaire au rouge.

Les deux couleurs dialoguent tantôt unies, tantôt séparées par le noir.

Le rouge est l’humain, le temps et le rythme de la vie, le jaune est l’espace indispensable à son épanouissement. C’est pourquoi chaque spectateur peut en construire le contenu symbolique, à la fois rencontre de l’espace et du temps, en toute humanité.

Le titre de l’exposition, «Périphéries», montre que la peinture est issue d’un ensemble de sensations de l’artiste, qui, en nous la proposant, met à notre disposition de nouvelles situations visuelles. La peinture nous traverse comme elle traverse l’artiste qui l’a créée.
Pour Eva Linder la démarche est la même «J’ai fait de la peinture, maintenant c’est elle qui me fait». Longtemps conçue comme une reconstruction du monde, elle en est maintenant un reflet indirect. Pour elle, peindre c’est «construire du possible».

Eva Linder nous offre une peinture abstraite immédiatement accessible qui traduit une maîtrise et une maturité certaines. Une visite au Jardin des Thés permettra d’en apprécier la musique, en prélude à l’exposition en l’église St- Thomas, qui permettra, au travers de ses volumes, d’en orchestrer une autre mise en lumière.

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Eva, ta peinture nous regarde – Gaston Jung (2002)

Par |2026-08-20T20:15:58+02:00août 12th, 2002|textes|

EVA – TA PEINTURE NOUS REGARDE

La jaune nous observe
le rouge bouge le dedans de l’œil
le bleu peut nous refléter
le vert révèle un secret
le blanc nous efface
le noir donne à voir mais laisse sa trace

CE TABLEAU – là
ne représente rien
rien que lui-même
(donc toile, bois, colle, huile, et
cadre et lumière et couleur couleur
couleurs et
geste du poignet de la femme qui peint
geste du buste
de la blouse bariolée
des lèvres serrées par l’effort
des vibrations de tout le corps
de minuscules mélancolies
de fragments de saine folie
de violences écorchées
de visions les yeux éblouis

CHAQUE TOILE chaque carré de papier
c’est un peu
de vie
d’Eva

C’EST ENTENDU : pas de paroles, la peinture se passe de mots.
Pourtant dans leurs quêtes PSEUDO-SAVANTES LES POETES ont trouvé, à chaque voyelle une couleur, à chaque couleur un élément ou un caractère dominant. Ainsi JAUNE est corespondant de i comme canari ou e comme « gelb », signe de TERRE et sec de caractère ? et ROUGE ? o comme orange  sanguine, « blutrot » en allemand et la Fournaise comme élément, en colère de préférence !

Mais au-delà de ces plaisants jeux verbaux voici une ANALYSE PATACRITIQUE DES COULEURS, du jaune cri au rouge  feu ou ce que nous dit Monsieur JOHANN WOLFGANG von GOETHE dans son « TRAITE DES COULEURS » (1883)
(cher lecteur, cher public)
La couleur tient dans la série des phénomènes naturels primordiaux une place éminente, du fait que, dans le domaine simple qui lui est assigné, elle se déploie avec une variété incontestable.
(plus loin)
En général, les humains éprouvent un grand bonheur à voir la couleur. L’oeil a besoin d’elle comme il a besoin de la lumière.
(ailleurs encore)
Les couleurs se divisent en zones. Celles de la zone PLUS sont : jaune, jaune-rouge ou orange, rouge-jaune, minium ou cinabre.
(et:)
Le jaune est la couleur la plus proche de la lumière.

Elle est dans sa pureté et à l’état clair, agréable et apaisante, dans toute sa force, elle a quelque chose d’enjoué et de noble… PAR CONTRE, ELLE EST SENSIBLE à l’extrême et fait une impression très désagréable lorsqu’elle est salie ou incline quelque peu vers la zone MOINS, et la belle impression devient celle de la fange, de la honte, du dégoût et du malaise.

(quant au rouge, voici ce que le Prince des Poètes en dit :)
Du jaune-rouge au rouge, on passe d’un sentiment d’agréable engouement à une zone d’énergie la plus intense qui agrée particulièrement aux gens vigoureux, bien portants et un peu frustes. Certaines peuplades « sauvages », de même que certains enfants, laissés à eux-mêmes en coloriant, ont un penchant certain et marqué pour les rouges « saturés », comme le minium ou le vermillon.

(Note du lecteur : pardonnons au grand poète qui, quoiqu’en avance sur son temps,  juxtapose primaire et sauvage, mémoire d’enfance et infantilisme, couleur forte et franche et couleur brutale et fruste. Autrement dit, les jaunes et rouges d’Eva en 2002 ne sont pas plus simplistes que les étapes de sa vie de femme-peintre aujourd’hui, ni « enfant » ni « sauvage », mais avec des qualités de force et d’intuition qui font basculer ses interventions, qu’elles trouvent leur lieu sur les murs amicaux d’un appartement ou en plein vent sur des colonnes Morris de la Cité, – basculent allègrement des zones MOINS (nostalgie, inquiétude, honte, violence) vers la zone PLUS (plus de Vie, plus de lumière !).

Gaston Jung

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Exposition « Itinéraires – L’Art Contemporain aux Pays de Barr et du Bernstein » organisée par le F.R.A.C. Alsace et le CEAAC.

Par |2026-08-20T19:46:33+02:00janvier 1st, 2002|2002, Expositions|

Exposition « Itinéraires – L’Art Contemporain aux Pays de Barr et du Bernstein » organisée par le F.R.A.C. Alsace et le CEAAC.

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